GLP-1
GLP-1 et protéines : besoins, aliments et suivi au quotidien
GLP-1 et protéines (Ozempic, Wegovy…) : ce que dit un avis conjoint de 2025, des aliments protéinés faciles, des idées de petits repas et un suivi simple.
Par Équipe Calorix, Invikta 8 min de lecture
Les médicaments GLP-1, comme le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le tirzépatide, peuvent réduire la faim et faire venir la satiété plus tôt. Mais manger moins rend aussi plus difficile un apport suffisant en protéines, or elles comptent pour préserver vos muscles pendant la perte de poids.
En 2025, quatre organisations professionnelles américaines (l’American College of Lifestyle Medicine, l’American Society for Nutrition, l’Obesity Medicine Association et The Obesity Society) ont publié un avis conjoint sur l’alimentation pendant un traitement par GLP-1 (Mozaffarian et al., 2025). Le terme « GLP-1 » y désigne à la fois les agonistes des récepteurs du GLP-1 et les médicaments combinés. Ce guide passe en revue ce qu’il dit des protéines et la façon de le mettre en pratique.
Cet article donne des informations générales et ne remplace pas un avis médical. Votre médecin prescripteur et un diététicien connaissent vos antécédents de santé : c’est à eux de trancher.
Pourquoi les protéines comptent pendant un traitement par GLP-1
Une perte de poids rapide, sous GLP-1 ou non, porte souvent sur les muscles en plus de la graisse. L’avis cite l’essai STEP 1 sur le sémaglutide : sur une perte de poids moyenne de 13,6 kg, 8,3 kg (62 %) correspondaient à de la masse grasse et 5,3 kg (38 %) à de la masse maigre, qui comprend les muscles et les autres tissus non graisseux. Comme les muscles représentent environ la moitié de la masse maigre, les auteurs estiment qu’environ 20 % du poids perdu était du muscle.
Deux choses compliquent la donne :
- Un appétit réduit. L’avis note que la baisse d’appétit et les aversions gustatives peuvent rendre difficile un apport suffisant en protéines.
- Les protéines seules ne suffisent pas. Selon l’avis, augmenter les protéines sans renforcement musculaire structuré ne suffit probablement pas à préserver les muscles. Il recommande d’associer les GLP-1 à un programme d’exercice : du renforcement musculaire au moins trois fois par semaine et au moins 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité modérée, adaptés à votre condition physique.
Les quantités de protéines suggérées par l’avis
Voici ce que dit l’avis, en termes simples :
- L’apport nutritionnel recommandé américain (RDA) pour les adultes est de 0,8 g par kg de poids corporel et par jour, une valeur en cours de réévaluation par les National Academies (les académies des sciences des États-Unis), précise l’avis.
- Des objectifs plus élevés, par exemple 1,2 à 1,6 g/kg par jour, ont été proposés pendant une phase active de perte de poids.
- Pour les personnes en situation d’obésité, on ne sait pas s’il faut calculer l’objectif à partir du poids réel, ajusté ou idéal, ou de la masse non grasse, car le poids réel peut nettement surestimer les besoins.
- L’apport ne devrait pas descendre sous 0,4 à 0,5 g/kg par jour, et un apport prolongé égal ou supérieur à 2 g/kg par jour est à éviter.
- Autre option, plus simple : un objectif fixe de 80 à 120 g par jour (16 à 24 % des calories pour une alimentation à 2 000 kcal), qui peut être plus facile à tenir.
À titre de comparaison, l’objectif général de protéines des nouvelles recommandations alimentaires américaines 2025–2030 (Dietary Guidelines for Americans) couvre la même fourchette : 1,2 à 1,6 g/kg par jour, adaptée à vos besoins caloriques. L’avis a été publié avant la sortie de ces recommandations.
Voici ce que donne cette fourchette pour différents poids de référence :
| Poids de référence | À 1,2 g/kg | À 1,6 g/kg |
|---|---|---|
| 60 kg (132 lb) | 72 g | 96 g |
| 70 kg (154 lb) | 84 g | 112 g |
| 80 kg (176 lb) | 96 g | 128 g |
| 90 kg (198 lb) | 108 g | 144 g |
| 100 kg (220 lb) | 120 g | 160 g |
Le « poids de référence » est celui sur lequel vous et votre équipe soignante décidez de baser le calcul. Notre calculateur de protéines sous GLP-1 applique 1,2 à 1,6 g/kg à un poids de référence, peut prendre votre poids cible comme référence, répartit le résultat par repas et affiche l’alternative de 80 à 120 g par jour. Pour une vue d’ensemble, lisez notre article sur les besoins en protéines par jour.
Des aliments riches en protéines adaptés à un petit appétit
L’avis suggère des aliments protéinés peu volumineux et riches en nutriments, comme le poisson, les œufs, le yaourt à la grecque, le cottage cheese, les fruits à coque et les graines, y compris les purées d’oléagineux. Il encourage aussi les protéines végétales comme les haricots, les pois et les lentilles, ainsi que les produits laitiers, les produits de la mer, les œufs et la volaille maigre, avec modération pour la viande rouge et les viandes transformées. Certaines personnes trouvent que les shakes, les barres ou les produits enrichis en protéines les aident à atteindre leur objectif.
| Aliment | Portion | Protéines | Calories |
|---|---|---|---|
| Yaourt à la grecque nature, 0 % | 1 pot (170 g) | 17 g | 100 |
| Cottage cheese à 2 % de MG | 113 g (½ tasse) | 12 g | 92 |
| Œuf dur | 1 gros œuf (50 g) | 6 g | 78 |
| Thon au naturel, en conserve | 85 g égoutté (3 oz) | 17 g | 73 |
| Saumon atlantique d’élevage, cuit | 85 g (3 oz) | 19 g | 175 |
| Blanc de poulet rôti | ½ blanc (86 g) | 27 g | 142 |
| Tofu ferme | 126 g (½ tasse) | 22 g | 181 |
| Lentilles cuites | 198 g (1 tasse) | 18 g | 230 |
| Edamame surgelés, cuits | 155 g (1 tasse) | 18 g | 188 |
| Lait à 2 % de MG | 244 g (1 tasse) | 8 g | 122 |
| Beurre de cacahuète, onctueux | 32 g (2 cuillères à soupe) | 7 g | 191 |
Valeurs arrondies, issues de FoodData Central, la base de données de l’USDA (données SR Legacy). MG : matière grasse.
Idées simples de repas et de collations
Quand la faim et l’envie de manger sont faibles, l’avis suggère de petits repas fréquents, en commençant par les aliments riches en protéines, pour avoir plus de chances d’en consommer suffisamment. Il mentionne aussi que les smoothies et les boissons protéinées à base de fruits, de légumes et de lait ou de yaourt non sucré, ainsi que le cottage cheese et les soupes, sont souvent plus appétissants que des plats plus lourds. Quelques combinaisons tirées du tableau ci-dessus :
- Bol de yaourt : un pot de 170 g de yaourt à la grecque nature avec une cuillère à soupe de beurre de cacahuète et quelques fruits rouges, soit environ 21 g de protéines apportées par le yaourt et le beurre de cacahuète.
- Œufs et lait : deux œufs durs et une tasse de lait à 2 %, environ 21 g.
- Smoothie : une tasse de lait à 2 % mixée avec un pot de 170 g de yaourt à la grecque et des fruits, environ 25 g.
- Feuilles de laitue garnies de thon : 85 g (3 oz) de thon au naturel en conserve, environ 17 g.
- Cottage cheese et fruits : ½ tasse de cottage cheese à 2 % avec des pêches ou de l’ananas, environ 12 g.
- Soupe de lentilles : une tasse de lentilles cuites dans un bouillon, environ 18 g de protéines et 16 g de fibres.
- Tofu sauté : ½ tasse de tofu ferme avec des légumes et du riz, environ 22 g.
Si votre objectif est d’environ 100 g par jour et que vous prenez quatre petits repas, cela fait à peu près 25 g par repas. Sur cinq repas, environ 20 g chacun.
Gérer les nausées, la satiété et la constipation
Les effets indésirables digestifs sont les plus fréquents, et ils surviennent plus souvent au début du traitement ou lors d’une augmentation de dose. Parmi les conseils alimentaires de l’avis :
- Mangez peu, mais souvent. Les nausées apparaissent souvent le matin ou après de longues périodes sans manger. Un petit-déjeuner léger, puis de petits repas toutes les 3 à 4 heures en buvant suffisamment, peuvent aider. Les gros repas augmentent le risque de vomissements.
- Allez-y doucement au début. Éviter les aliments gras ou très riches en fibres pendant les premiers jours du traitement peut atténuer les nausées. Une infusion de gingembre ou de menthe poivrée peut aussi aider.
- Hydratez-vous. Des nausées, des vomissements ou des diarrhées sévères peuvent entraîner une déshydratation, elle-même susceptible de provoquer une insuffisance rénale aiguë.
- Augmentez les fibres progressivement en cas de constipation. Il est conseillé de boire suffisamment et de consommer des fibres issues des aliments ; ajouter peu à peu des aliments riches en fibres, comme les pruneaux ou d’autres fruits secs, peut aider. Les aliments riches en protéines ou en graisses peuvent ralentir la vidange de l’estomac et aggraver la constipation : l’équilibre compte.
- Limitez l’alcool. Il peut aggraver les nausées et le reflux pendant un traitement par GLP-1.
En cas d’effets indésirables, l’avis encourage à contacter rapidement votre médecin plutôt que d’attendre que ça passe. Le suivi de l’eau et l’objectif quotidien de fibres de Calorix peuvent vous aider à garder un œil sur les deux.
Suivre ses protéines sans se prendre la tête
- Enregistrez d’abord les protéines. Puisque l’avis suggère de manger en premier les aliments riches en protéines, enregistrez-les en premier aussi. Les récents et les favoris permettent d’ajouter en un instant les aliments que vous reprenez souvent.
- Notez ce que vous avez réellement mangé. Avec un appétit réduit, il arrive de ne finir qu’une partie de l’assiette. Scannez-la, puis réglez le curseur de portion sur ½ ou modifiez les grammes pour que l’entrée corresponde à la réalité.
- Vérifiez votre total du jour. Le suivi des protéines de Calorix affiche vos protéines de la journée par rapport à un objectif quotidien, et des idées de repas basées sur vos macros restantes peuvent vous aider à combler un manque.
- Sachez d’où vient l’objectif. L’objectif de protéines intégré à Calorix est pensé pour les objectifs de poids courants et se calcule un peu différemment (voici comment). En phase de perte de poids, il peut dépasser la fourchette de l’avis : si vous prenez un médicament GLP-1, appuyez-vous plutôt sur le calculateur de protéines sous GLP-1 et sur les conseils de votre équipe soignante.
Parlez-en à votre équipe soignante
Ce guide résume des recommandations publiées. Ce n’est pas un plan de traitement, et Calorix ne diagnostique, ne traite, ne guérit ni ne prévient aucune maladie. Suivez les conseils de votre médecin prescripteur et de votre diététicien, en particulier si :
- Vous avez une maladie rénale. Certaines personnes atteintes de maladie rénale chronique ont besoin de quantités modérées de protéines, et le NIDDK (l’institut américain du diabète et des maladies digestives et rénales) conseille de travailler avec un diététicien ou un professionnel de santé pour trouver le bon équilibre (NIDDK).
- Vous avez un diabète ou prenez d’autres médicaments qui agissent sur la glycémie ou l’appétit.
- Vous êtes enceinte ou allaitez, avez moins de 18 ans, ou avez des antécédents de troubles du comportement alimentaire.
L’avis lui-même cite l’accompagnement par un diététicien parmi les stratégies qui aident les personnes sous GLP-1.
En résumé
Sous GLP-1, les protéines aident à protéger les muscles, et elles sont plus efficaces associées à un renforcement musculaire régulier. L’avis de 2025 évoque des fourchettes comme 1,2 à 1,6 g par kg d’un poids de référence, ou 80 à 120 g par jour, en évitant les longues périodes à 2 g/kg ou plus. Répartissez les protéines sur de petits repas, mangez-les en premier, choisissez des aliments qui passent facilement et faites un suivi souple pour voir les tendances se dessiner. Votre médecin prescripteur et votre diététicien peuvent transformer ces fourchettes en un chiffre adapté à votre situation.
Questions fréquentes
Combien de protéines manger sous traitement GLP-1 ?
Un avis conjoint publié en 2025 indique que des objectifs comme 1,2 à 1,6 g par kg de poids corporel et par jour ont été proposés pendant une phase active de perte de poids, ou un objectif fixe de 80 à 120 g par jour. Le poids à prendre en compte n’est pas tranché pour les personnes en situation d’obésité : faites valider votre chiffre par votre médecin prescripteur ou un diététicien.
Les médicaments GLP-1 font-ils perdre du muscle ?
Une perte de poids rapide, y compris sous GLP-1, s’accompagne souvent d’une perte de masse maigre. Dans l’essai STEP 1 sur le sémaglutide, 38 % du poids perdu était de la masse maigre, et l’avis recommande un apport suffisant en protéines associé à du renforcement musculaire au moins trois fois par semaine pour aider à préserver les muscles.
Quels aliments riches en protéines manger quand on n’a pas d’appétit ?
Les aliments peu volumineux comme le yaourt à la grecque, le cottage cheese, les œufs, le poisson et les purées d’oléagineux trouvent facilement leur place dans de petits repas. Un pot de 170 g de yaourt à la grecque nature 0 % apporte environ 17 g de protéines, selon les données de l’USDA.
Peut-on manger trop de protéines sous GLP-1 ?
L’avis indique qu’il faut éviter un apport prolongé égal ou supérieur à 2 g par kg de poids corporel et par jour, et que les personnes atteintes d’une maladie rénale peuvent avoir besoin d’une quantité modérée, fixée avec leur équipe soignante. Demandez à votre médecin prescripteur ou à votre diététicien un objectif adapté à votre situation.
Les shakes protéinés sont-ils adaptés sous GLP-1 ?
L’avis note que certaines personnes atteignent leurs objectifs de protéines grâce à des shakes, des barres ou des produits enrichis en protéines, et que les smoothies et les boissons protéinées passent souvent mieux quand l’appétit est faible. Un diététicien peut vous aider à choisir les options qui vous conviennent.
Sources
- 1 Mozaffarian D, Agarwal M, Aggarwal M, et al. Nutritional priorities to support GLP-1 therapy for obesity: A joint Advisory from the American College of Lifestyle Medicine, the American Society for Nutrition, the Obesity Medicine Association, and The Obesity Society. Obesity (Silver Spring), 2025.
- 2 Dietary Guidelines for Americans, 2025–2030. U.S. Department of Agriculture and U.S. Department of Health and Human Services, 2026.
- 3 Healthy Eating for Adults with Chronic Kidney Disease. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases, 2025.
- 4 Yogurt, Greek, plain, nonfat (Includes foods for USDA's Food Distribution Program). USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 5 Cheese, cottage, lowfat, 2% milkfat. USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 6 Egg, whole, cooked, hard-boiled. USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 7 Fish, tuna, light, canned in water, drained solids (Includes foods for USDA's Food Distribution Program). USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 8 Fish, salmon, Atlantic, farmed, cooked, dry heat. USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 9 Chicken, broilers or fryers, breast, meat only, cooked, roasted. USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 10 Tofu, raw, firm, prepared with calcium sulfate. USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 11 Lentils, mature seeds, cooked, boiled, without salt. USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 12 Edamame, frozen, prepared. USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 13 Milk, reduced fat, fluid, 2% milkfat, with added vitamin A and vitamin D. USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.
- 14 Peanut butter, smooth style, with salt (Includes foods for USDA's Food Distribution Program). USDA FoodData Central (SR Legacy), 2019.